23 juin 2007
La capacité de s'émerveiller
J'ai vu le spectacle Monstres Sacrés de Sylvie Guillem & Akram Khan ce soir.
Une pure merveille.
Confrontés à l’impossibilité de décevoir, les « monstres sacrés » élus par le public sont condamnés à se surpasser. Ils peuvent surprendre, décevoir, jamais. On se rappelle bien sûre que Sylvie Guillem fût danseuse à l'opéra de Paris, et sacrée danseuse étoile à l'âge de 19 ans. Akram Khan, lui, a joué à quatorze ans dans le Mahâbhârata, grande épopée de l’Inde, mise en scène par Peter Brook. Sa brillante carrière de danseur de Kathak l’a orienté vers une synthèse de cette tradition et de la danse contemporaine.
Un début avec un peu d'appréhension, parce que je me demandais si le ballet allait être accessible à un public non-initié à la danse contemporaine (ce qui n'est pas donné à tout le monde, il faut l'avouer, moi par exemple...). Mais très vite, l'humour, la grâce, la force, la beauté des gestes et de la musique (musiciens et chanteurs sur scène) prennent le pas et l'appréhension peut laisser place bonheur.
Un spectacle d'une beauté et d'une émotion intense, qui m'a permis de prendre contact avec la danse contemporaine. Comme disait Sylvie Guillem ce soir, j'aime la capacité que j'ai toujours de m'émerveiller. Si vrai. Et surtout si près des étoiles...
Mon rêve aurait été de devenir danseuse. J'aime la rigueur et la force des danseurs. J'aime cette ligne directrice dans la vie qui pousse à tous les sacrifices. J'envie les pieds en sang de certaines danseuses, qui est cachée par la grâce, la légèreté et la finesse. 10 ans de danse classique n'auront pas suffit à faire de moi un petit rat, à mon grand désespoir. Malheureusement l'adolescence est passée par là, et dans la Quête de moi-même j'ai laissé tomber le coté artiste. Qui est toujours enfuit quelque part en moi et qui se réveille certains soirs.
C'était une merveilleuse soirée.
